lundi 17 novembre 2008

Début

Début ? (commencement ?)
La pensée est éteinte
on pense on pense on pense rien ne se pense
une vérité parfois gonfle et éclate
il y en a parfois une et puis d'autres
gonflent et éclatent
(tu dis qu'elle brille comme une bulle de savon je t'écoute le dire)
Autour, des bribes, on dit des ruines si ce sont des murs des anciens murs des maisons qui ne tiennent pas debout on dit des bribes si ce sont les mots qui s'effilochent

Début ?
La pensée ne s'allume toujours pas c'est le noir des débuts le noir des débuts des échecs et des pertes (quand on ne sait pas)
le commencement d'une chute se prolonge
on est tombé on est tombé tout seul ou à plusieurs on ne sait pas où on est les mots ne nous aident pas à savoir ils s'effilochent
j'ai suivi le bout de la pensée première, le bout de la pensée du commencement qui disait « j'ai perdu quelque chose »
la bulle qui a gonflé et éclaté a dit « tu ne sais pas ce que tu as perdu »
une vérité barbouillante on n'y voit plus rien avec toute cette vérité dans les yeux
la vérité barbouillante a éclaté des petits bouts des petits bouts des petits bouts
la vérité barbouillante a éclaté je bredouille
il y en a partout des éclats étoilés (ils brillent simplement comme ces bulles gonflées et éclatées)

Début ? (rien ne commence)
petits bâtonnets tenant les yeux ouverts je m'avance
les yeux brûlent de ne pouvoir cligner ça voit trop fort
ce n'est pas ce qu'ils voient qui les brûle c'est d'y voir
il n'y a plus que les yeux - les miens- je perds j’ai perdu l'usage le souvenir le nom des autres parties du corps qui tenaient à un fil
cousues
c'est le silence des yeux ça voit trop

Début ?
Toute barbouillée de vérité je m'avance
il paraît qu'on y voit plus clair pas seulement moi tout le monde
quel trou perdu

mercredi 29 octobre 2008

PAUSE

lundi 20 octobre 2008

Pas de lieu

Pas de lieu pas de sol pas de ciel pas de murs pas de toits
Des couleurs à peine
Pourtant ce ne sont pas des disparus
De quel endroit s’agit-il ? De quel endroit regardent-ils ? De quel endroit ?

Des couleurs à peine
Pas de lieu une couleur celle grise des ombres et des peaux cachées
De quel endroit s’agit-il ? De quel endroit regardent-ils ? De quel endroit ?
Pas de sol pas de ciel des oiseaux enfuis un et l’autre

Pas de lieu une couleur celle grise des ombres et des peaux cachées
Pas de murs pas de toits les maisons sont vides invisibles
Pas de sol pas de ciel des oiseaux enfuis un et l’autre
Imperceptible une absence

Pas de murs pas de toits les maisons sont vides invisibles
Pas de lieu pas de sol pas de ciel pas de murs pas de toits
Imperceptible une absence
Pourtant ce ne sont pas des disparus

dimanche 19 octobre 2008

Ennui (4)

Le lit Robinson est mou et trop petit pour deux.
Je m’y endors vite, je m’y réveille tard, je m’y endors enfoncée dans l’ennui.
J’essaye un peu j’essaye à peine j’essaye quand même de ne pas m’y réveiller.

C’est le lit creux d’argile où Robinson oublie les journées trop longues passés à s’occuper.
C’est le lit trou d’argile et chaud où Robinson essaye l’ennui (et l’ennui de l’ennui).

Il faut les forces de s’y glisser.
Il faut les forces de s’y glisser et de n’y rien attendre.
Il faut les forces de s’y glisser et d’y abandonner l’attente, et la durée de l’attente qui est comme une démangeaison presque pas assez forte, un désir contrarié et qui n’a pas de nom.

Dans le lit de l’ennui ne viens pas me chercher, on n’y peut même pas lire. C’est un lit mou et trop petit pour deux. Seul on s’y cale au milieu et on ne bouge plus. On ne peut plus bouger cerné de certitude terrifié de certitude émerveillé de certitude. L’ennui et le ne pas bouger protègent.

Que personne ne dise c’est le creux de ta mère c’est les bras de ta mère c’est l’amour de ta mère. Qui m’y retrouverait ?

(Ne pas sortir, ne pas sortir dehors, ne pas voyager, ne pas aller là, ne pas aller au-delà, ne pas revenir sur ses pas, ne pas regarder derrière les portes closes)

C’est la princesse au petit pois sans le petit pois

Rien pour me déloger de là où il faut que je sois

mercredi 30 avril 2008

Poème de métro, 22 mars 08, Père Lachaise-Arts et Métiers, ligne 3.

Je suis traversée rien ne s’arrête à la station moi
Les femmes la psychanalyse le théâtre les rues les pluies
Me traversent ne s’arrêtent pas impalpables bribes implacables bibles
J’écris vide
Pour pouvoir manger un plat chaud ce soir un homme traverse la rame je ne donne ni ne prend rien


Qu'est-ce qu'un poème de métro? ==> http://www.oulipo.net/document13302.html

dimanche 9 mars 2008

Tout ou

vendredi 8 février 2008

backdraft

Quand le désir dehors revient
-il revient toujours-
-il revient-
je te cherche au coin
des rues des
chemins des
minutes perdues